Revue Miroir

La revue des ateliers d’écriture de Laura Vazquez.

Catégorie : Adèle Cassigneul

  • en un soupir
    j’ai épilé le duvet
    des secrets

    boucle
    tu susurres ça
    qui ne vient pas
    tout est question
    de rythme

    les silences s’épanchent
    moi je te parlais des attentes

    lèvre contre langue

    contre lèvre

    en miroir

    boucle

    en bas du ventre

    en haut des cuisses

    temps blanc du week-end
    au seuil du jour j’ai encore vu l’attente

    front fondu joue
    tend bouche
    sous la couette
    tu affabules
    car les mains manquent

    j’ai cru à la levée du voile
    puis la nuit plut
    j’ai frémis
    jusqu’au jour
    si j’avais su
    les aurores patientes

    désirent ce que je désire

  • j’ai trouvé dans un livre
    une tautologie
    la différence fait toute la différence

    je me l’approprie
    ça ne répète pas la même chose
    ça fait toute la différence

    quelle distinction quand
    le corps sourd abasourdie
    il n’y a que le silence qui vaille

    en révolte impuissante
    pour délier ma langue

    compulsive je lèche
    mon pelage fauve

  • à qui veut savoir
    je n’écris plus à l’encre ______ sur du papier
    ______ ______ ______ _____ pas le temps

    l’enfant s’est réveillé
    le cas échéant __ peut-être __ éventuellement
    j/e ______ ______ ______ ______ _ humilité
    promets ce que vous voulez ______ ___ tout
    j/e ______ ______ me ______ ____ _soumet
    ______ ______ ______ évitons les questions

    boirai en silence votre médiocrité

    là _pour ceci cela et le reste
    voilà ______ ______ ______ ___ sans espoir

    ______ ______ joint mon CV

    ne dis rien __ de qui je suis ___ce que je fais
    sans rêve __ j’ai traversé la rue __ sans trêve
    j/e ______ _____ fille sage _____ _____ rien
    sourire cousu main ______ ____ immaculée
    ______ ______ alignons les astres ____ oui
    reste disponible ______ ____ ______ docile
    juste comme il faut ______ où vous voulez
    ailleurs _je n’ai aucune idée conviendra aussi

    j/e suis joignable __ ici__ et là
    sans sourciller vous __ salue __ sincèrement

    ______ ______ dans l’attente

    regard baissé _____ __ vous fait la révérence
    ______ ______ ______ ____ remerciements

  • ______ j’aimerais qu’on
    écrive______ ensemble
    sur ce qui nous arrive

    on a cherché
    un temps
    à être Lou
    t’écrire deux-trois choses
    de ma journée __animait
    un dialogue virtuel
    avec palpitation j’écrivais
    ______________au creux
    ____________ des lèvres
    ma langue défroissant
    l’inconnu de tes plis
    ______ nous frissonnions

    Je pensais
    désirais Lou
    cette______ pou-asse
    ________indissoluble

    qui fit bouillir
    ta fiévreuse fatigue
    nos corps fluides
    __________________cette chose
    du corps qui colle
    à la peau
    visse dans la chair
    sécrétions charnelles

    nous nous entoilions
    de petits fils poisseux
    ta main aimantée
    à mon ventre
    ____________battant
    nous voilà
    sans mots
    désormais

    l’ombre fantomatique
    de nos caresses voile
    nos larmes sèches
    écris moi __________dis moi
    comment tiennent les oiseaux
    blancs sur le fleuve 

    il y a notre Lou
    deviendrons-nous
    duo
    ____________dis oui
    ____ensemble
    il y a ______pourquoi pas 
    Tender is the Night

    la main gauche
    de nos nuits
    recueille à présent
    ta chute________ fluctue
    mes attentes
    nos déplorations

    est-ce là le travail
    ______de l’espoir 
    me déposer ____en toi

    s’envoyer des notes
    de lecture comme
    des cartes postales

    __ _aucune évidence
    nous étions
    nous ne sommes plus
    vraiment

    mon Lou_ _ ma Lou
    tenace_____ persiste
    il y a__encore _ tant

  • Rose robe de nuit
    victorienne
    ballonne de souvenirs


    ___________ luisants

    Sur mes seins
    le plastron dentelle
    déguise l’avenir

    dénude mes souvenirs
    ___ matin chansonne
    désordonne l’alphabet

    Elle dit qu’on a les yeux carrés

    Je répare _tu répares_ elle répare
    héritières des anges-spectres
    assassinés

    ________Bouscule l’encre
    Répondons sérieusement
    à la question

    Sparadraps de papier
    rose-orangés ajointent
    les essais lacunaires

    gribouilles
    surimpressions
    fleurs de soie

    bordent
    en lambeau
    la béance

    ourlée d’un rouge
    reluisant

    La blessure suinte

    et toi
    quels gestes
    générationnels ?

  • TRISTESSE
    Vague enfle
    te dilue toi
    silencieuse mon invisible
    Je ne saurais dire
    fantôme frileuse
    _____________ si
    en mon sein sombre

    _____________ tu serais heureuse

    A Dungeness les fleurs
    naitraient là dans la pierre
    et la mer en colie

    TERREUR
    Rafale l’air
    _______– quelle amer
    _______menace 
    chahute
    tes organes ?

    Pétrifiées mes mains
    sous la bise
    __________te verraient luire
    toi __toute transie
    joues livides

    La centrale
    explosive
    et trouble vacille

    COURAGE
    Je puiserais alors
    la force de mon âme
    dans le terreau chagrin
    des peurs immémoriales

    RAGE
    De ta glotte terrifiée
    s’agiterait
    ton cœur
    _______en étoile
    Feu
    de mes langues intérieures
    et l’éveil__________ inespéré
    ______– falaise de mes viscères
    ______s’embrasent
    d’une conscience __réparatrice

    LECTURE
    Je plongerais mes racines
    dans le verbe humide
    des conversations amies

    Repulpée de poisse
    crèmerais de mots
    mes ankyloses quotidiennes
    Tendrais-tu ta main __mauve
    aux jacinthes d’avril ?

    FLEURAISON
    _______Vase tulipe
    assemble__ –____ moi
    T’exhorterais
    ______________ _toi vivante
    ____de mes caresses
    ____velours

    Lors gouterais-tu la soie
    de ma bouche mimosa ?

    ____________Harmonie rose et or
    ________ _donnerait cœur à corps
    _____________aux jours informes

    TENDRESSE
    Lueur rieuse de tes paumes
    _____________guimauves
    réchauffe ma peau calme

    J’effleurerais _ tes cils
    soyeux se duvètent

    _______Mollement
    les pompons dorent
    la fenêtre

    JOIE
    Je me fondrais alors
    au creux de tes chairs

    Aisselles souples
    nos rêveries s’extasent –

  • La maison pulse pulse pulse
    ______________ omniprésente

    Elle vivante
    __________ et toi
    qui soufflé boursoufflé
    ___ t’affaisses de tristesse
    ___ en un râle affligeant
    ________________ L’aube se lève à peine


    ________________ Au loin
    j’entends le plissement
    ____________ des monts schisteux
    entends toi. qui vague orageuse
    soupire
    ________________Je repose mon corps
    __________ abruti
    __________ de fatigue
    dans la houle du souffle nocturne

    Rose matinale
    __________ aimante
    les lueurs pâles
    rose_______ dilue les cernures
    creusées par l’air conditionné
    __________ __________ __ La maison
    __________ __________ _______ crac
    __________ __________ _____ à nous

    __________ __________ Tu demeures
    et puis soudain la mer

    __________ ____ Gouttelettes d’acier
    __________ frient l’immensité bouffie

    Toi si loin
    dis-tu bouche
    ______ sertie de broussailles
    dis les plaies les béances
    qui s’accusent entre nous
    _______tiraillent

    Les œillets vanille-fraise
    s’électrisent les jeunets
    __________ Je dresse des listes
    ma vie incarnée _______ avec toi
    __________ qui paupières engluées
    __________ __mâchonnes tes dires
    La maison bruisse

    d’ombres
    Flottent les couleurs
    __________ ____ changeantes
    __________ _____ de nos alphabets

  • 1 UN
    dans le drap un petit trou
    nos cœurs béants
    qui revient là ?
    l’absent·e l’amant·e

    2 DEUX
    matin lessive
    le trou s’effile
    borde béance
    maintient les fils
    on retient là
    à tout moment
    le soleil tourne

    3 TROIS
    s’agrandit
    use les jours-nuits
    tu passes touches
    native des seuils
    oui ?
    entre la porte et le couloir
    ma montre se dissout

    4 QUATRE
    la nuit déchire
    comment ?
    bisou en se quittant
    sa main serre en passant 
    une promesse caresse
    nos effleurements

    5 CINQ
    nuit après nuit s’éventre
    le noir
    bouche vide
    et pourquoi ?
    être aimée
    persistent
    corps vivantes