Revue Miroir

La revue des ateliers d’écriture de Laura Vazquez.

Catégorie : Sabine Peroni

  • L’indice est fait 

    d’épines petites feuilles sombres 

    au vert s’approche 

    bien avant la forêt 

    se plante alors un rang :

    des ronces

    .

    Personne 

    non personne ne croit qu’avant 

    les milliers les troncs tous leurs fruits sur les branches une armée 

    de ronces a pris le temps de protéger.

    Cette armée est mère faite plante enracinée au sol elle arpente leur tient terre car elle seule fait force protège en irriguant les arbrisseaux ces monte-en-cieux toujours plus haut cette armée faite plante pique ceux qui voient tout en mâche pique ceux qui voudraient détruire

    l’immense 

    forêt des minuscules.

  • Elle se demande si le dieu a un corps elle
    a vu ses cheveux leurs milliers de volants 
    fils dans l’air l’expression du visage
    formerait des nuages vocables vent 
    doux petit matin lent frais
    paroles en ouragan causant l’effet 
    dérèglement elle
    a vu le torse au cœur le flanc si surprenant le cœur grossi de pierres le 

    flanc et
    cabosse 
    inerte fou peuplé de gigantesques paysages où paissent quelques arbres bras et jambes tendus 
    lourds
    ils
    ne bougeront pas.

    Elle se demande elle a vu le dieu son corps
    s’il a le cœur sauvage si ses pieds 
    sont sur terre s’il est vrai qu’une 
    brume forme 
    sa grande tête si le soleil ce 
    sans-espoir lui 

    avec sa ronde des lunes enchevêtrées

    si 

    s’ils sont un beau message laissé 

    au 

    b
    o
    r
    d

    de son grand corps 
    pour qu’elle le voie pour qu’elle le pense
    dans un grand matin elle a vu se demande si le paysage est dieu 

    car
    ses pieds immenses forment la terre
    juste à côté des siens.

    • Pierre-monde –

    champ de pierres les herbes 

    ont 

    abandonné leurs racines 

    au granit 

    la dureté 

    toujours 

    de mise il 

    est né

    .

    chemin de pierres un oiseau 

    pousse 

    sa peur des routes

    larges

    les goudrons chaud fumant

    il court

    sa folle

    errance

    .

    cœurs froids de cailles 

    les cailloux 

    portés au cou des 

    villes 

    mâchent 

    la tendresse qu’il avait forgée

    à force 

    de fréquentations en pierres

    il 

    passe à l’âge adulte

    .

    cime-terre 

    .

    pour les pierres

    .

    dans la grande éternelle 

    il ne se saura

    pas

    .

    car il est parcouru 

    .

    le

    monde

    n’est 

    .

    rien

    .

    compris 

    d’autre

    .

    qu’il 

    était pierre

    .

    parcourue

    .

    .

    d’oubli 

  • Elle se détache?! On le voit bien.

    L’auréole est devant 
    devant au loin comme un linge pâle.
    Pâle? On le sait trop.

    La petite est restée.
    Allongée.
    Elle s’allonge tout en lueurs. Candides.
    S’affirme.
    Affine.
    Sa trace, elle,
    ne tombera pas.
    Elle ne tombera pas?!
    On sait cela?!

    Pour le fond, on espère aussi 
    la jute, une toile, un grand sac, épais, profond pour que l’on voie.
    Voir c’est tenir disait l’oncle 
    porter à soi chantait la mère 
    retenir, rejeter, mettre à mal la grande distance entre le monde et toi
    alors tous nous souhaitons un grand cabas car tout est plat. Oui, tout est plat!

    Sans électrocardiogramme,
    où vont les battements des lueurs 
    leurs entre chocs de glace 
    s’enfoncent et voudraient se cogner quelque part pour ressentir leur monde
    ces lumières que l’on n’entend même pas
    car il n’y a pas de fond

    Elles
    que l’on a attendues, étant entendu que l’on voulait y croire
    vont-elles enfin tomber ?!!
    À ne voir que cela! 
    L’immense détachement !

    Sans aucun sac épais
    pour retenir tout ça…

  • 1
    –

    je tombe 
    d’en haut 
    j’ai la tête à l’envers 
    pour ce temps d’écriture un plomb m’a percé 
    l’aile

    .
    –

    2
    –

    cueillir 
    dans un temps à l’arrêt 
    la mort 
    des petites autres 

    .
    –

    3
    –

    marcher 
    défiler en nuages 
    j’ai mis mon rien au cœur
    et des souliers bien plats

    .
    –