
Elle danse, elle danse depuis toujours. Pas souvent mais puissamment.
La découverte du contemporain lui ouvre, dès l’adolescence, un pan nouveau, comme une nouvelle contrée. C’est alors un élan expressif, brut, authentique. Depuis, elle poursuit ses explorations dansées et participe parfois à des projets de recherche chorégraphique.
Elle suit, dès ses 25 ans, des ateliers de pratiques corporelles qui développent une meilleure prise de conscience du mouvement, affûtent les sensations, fluidifient les gestes. Cela l’entraîne naturellement dans des danses minimalistes et plus internes pour « faire chanter son squelette ». Depuis plus de 15 ans, des ateliers d’improvisation dansés lui permettent de jouer avec la fugacité, la spontanéité, la saveur de l’instant.
La danse et l’écriture se sont croisées dans ses carnets.
Des carnets « collection de mots rares » de son enfance, elle est passée aux carnets de citations, prises de notes, collages, pensées, extraits de journaux, bribes de conversation…De tous les formats, sans ordre chronologique ni hiérarchie. La danse s’y est invitée timidement d’abord puis franchement. Les références poétiques ont pris leurs aises au fil des lectures. Et le mélange est joyeux : danse et poésie, le monde sensible au bout des doigts.
Depuis quelques années, certains textes-poèmes qu’elle écrit sortent parfois des carnets pour dialoguer avec des pièces dansées, celles de la compagnie Alfred Alerte. Les mots prennent alors corps. Le mouvement dansé et les textes qui résonnent.
Pour écrire, pas de rituels mais des constantes. Les mots, bribes de phrases viennent en général assez vite. Ils peuvent naître d’un étonnement, d’une allégresse ou d’un petit rien qui frémit. Elle cherche ensuite des échos, des liens, des associations plus ou moins fortuites. Puis vient le travail d’élagage pour garder l’essentiel, la fibre.
Tenter de trouver le simple pour dire l’important.