Revue Miroir

La revue des ateliers d’écriture de Laura Vazquez.

Étiquette : Brutalement super calme

  • Pars. N’importe où. Mais efface tes traces. Pose ton regard au loin. Impulse un mouvement, choisis une mesure. Un rythme qui t’est propre. Respire, à fond.
    Souris tout le temps. Surtout quand c’est difficile. Donne-toi du lest. Lâche. Absorbe. Jusqu’à ce que tu trouves, de la force. Évite les pistes sombres. Saute les barrières. Alpague des inconnus. Pendant les heures creuses. Demande aux gens qui vivent vraiment dehors. Comment ils font, eux. Quand tu manques de courage ou te plains. Ta douleur contre la leur. Tu échanges ?

    Tu es plus fortuné que tu ne crois, si tu as un toit. Écris ce que tu vois. Ou tu as marché, à qui tu as parlé. Aujourd’hui, et hier, et avant-hier. Et demain. Surtout demain. Comment c’était et quelle sera la prochaine route. D’abord, vérifie tes mains, tes pieds, tes pas sur le sentier. Comment le temps passe, tu ne t’en soucieras plus. Dessine des étoiles, pas sur un écran. Cherche la compagnie de ceux qui te veulent du bien. De tes épaules alors tomberont des pierres, des gouttes, du tonnerre. Peut-être. Qui sait ? Même toi tu ignores, tout ce que tu peux laisser derrière.

    Quelque chose va grandir, d’énorme à l’intérieur. Va pousser, te guérir un peu. Pas complètement. On ne guérit jamais complètement. C’est un leurre. C’est ce qui compte le plus. Ce qu’ils nomment « sauvage » en toi. Qu’est-ce qu’ils en savent. Tu erreras en silence, vers des jetées, des forêts, des océans, peut-être. C’est beau. Un beau cliché. Ne le partage pas tout de suite alors. Garde tes images. Elles deviendront des visions. Tu absorberas tout ce qui n’est pas communiqué.

    Cela nous concerne tous. Sinon ils te couperont en morceaux. D’un mot, d’un commentaire. Ils agripperont tout ce qu’ils peuvent. Et immoleront ta Foi. Pour la jeunesse, c’est encore pire. Dès la naissance. Se hâter de vivre. Peut-être passons-nous notre temps à attendre. Quelque chose qui n’arrivera jamais. Mais qui nous meut, jusqu’à la fin. Pour chercher ailleurs, ce qui se trouve, ici.

  • Ce silence est assourdissant. Tu l’entends ? Non, pourtant on n’entend que lui.
    Ce silence-là bruisse, ne passe pas, ne s’estompe pas.
    Il enfle e n f l e e n f l e dans l’air saturé de sons.
    Il occupe tout l’espace.
    Il reste coi dans son opacité croissante.
    Il souffle, gronde, grogne tout bas.
    Il tisse quelque chose comme un CRI – muet.
    Un braille de fantôme qui s’immisce dans le haut de mon crâne.
    Le vent hurle pour lui.
    LE-SILENCE-NE-CESSE-SONNE-SONNE. IL-ME-PERCE-LES-TYMPANS.

  • C’est l’été. Midi. Tout un an qu’elle les attendait , les espérait ces retrouvailles.

    Ces noces

    Se baigner dans le soleil, la chaleur, la lumière méditerranéenne de toujours.

    Les pas sont brûlants, elle doit recouvrir ses pieds pour avancer sur les grains de sable.

    A cette heure haute, la couleur s’efface ,

    Face au ciel impitoyable dardant ses lames mates sur la plage.

    Une brume métallique voile les parasols

    Les autres êtres disparaissent

    Leurs visages dans l’ombre sous de vastes chapeaux sombres, leurs yeux clos dissimulés derrière des étranges verres noirs.

    Elle, elle n’en a jamais porté de ces espèces de verres noirs. Elle a les yeux noirs. Elle a vingt ans.

    Le soleil, elle l’a toujours regardé en face, elle, la beauté ténébreuse, indomptable.

    Mais aujourd’hui, quand elle relève la tête et fixe l’astre, le soleil sombre très vite. Il se consume, comme un papier que l’on aurait jeté dans l’âtre, le fête finie. Le noir vivant, volatile imprime sa rétine.

    Impuissante, elle ne voit plus, elle ne peut que sentir les rayons triomphants du soleil qui la font scintiller.

  • J’aime cette neige
    Qui tombe en douceur
    Virevolte et joue
    Avec les yeux des enfants

    Elle s’amuse avec eux
    Comme elle le faisait avec
    Le guetteur impatient
    De ciel d’hiver

    Que j’étais

    J’aime comme les flocons
    Mouillent leurs joues
    Pleines
    De mes baisers

    Je m’émerveille de ces traces
    De petits pas dans la neige

    La neige
    Son joli craquement
    Comme une chanson

    Elle dit
    J’amortis ton pas
    Pour le rendre léger

    Elle dit
    J’accompagne ton pas
    Pour le faire avancer

    Mais la neige devient sale
    Mais la neige devient lourde
    Elle s’écrase
    Sur un sol meurtri

    Mais la neige devient laide
    Mais la neige devient rouge
    Elle arrête nos pas
    Là

    Où plus rien n’attend

    Nos pas solitaires
    Qui traînent leur poids
    Se figent
    À chaque craquement
    Qui déchire le ciel
    Qui déchire l’enfance

    Une fois à l’abri
    De la neige
    De tout ce qui tombe
    Je chasse les flocons
    De leurs joues glacées
    Et dépose mes baisers

    Sur des larmes sans âge
    Des larmes que je bois
    Pour m’unir à la vie
    À ce qui coule
    À ce qui emporte
    À ce qui lave
    À ce qui s’en va

    Sans faire de bruit

  • Un météore
    Un scintillant
                      Bout de Beauté.
    Une petite
    Toute petite
                       Félicité.

    Merveilleux Éphémère
    Que l’aube nous offrait.

    Des enfants comme nous
    Avions bien des bonheurs,
    Des rires qui étincellent,
    Des chants pour faire danser
    Les pétales
                         D’ambre
                                        À la rosée.

    Un millénaire
    Un éternel
                      Bout de Beauté.
    Une petite
    Toute petite 
                         Félicité.

    Merveilleuse, Éphémère,
    Que nous avions portée!

    Si ton éclat s’éteint,
    Il me sert dans ses bras ;
    Désarmée et sans larmes, 
    Le cœur noir-obsidienne, 
    Je ne 
              Dormirai
                              Pas.

    Dans l’univers
    Un éthérique
                           Bout de Beauté.
    Une petite
    Toute petite 
                         Félicité.

    Merveilleux éphémère!

    Nos raisons envolées,
    Que devrions nous taire 
    À la Terre dérobée ?
    Que dire au ciel tremblé ?
    Tant de promesses,
    Tant de souhaits!
    Le rouge cornaline
    D’une joie qui se tait.
    Rouge-sang cornaline…
                          Insidieux
                                          Regrets.

    Microscopique
    Notre Essentiel 
                      Bout de Beauté!
    Microscopique
    Notre petite Félicité.

    Merveilleuse,
    Éphémère 
    Pierre de Lune 
    Irisée.

    Je préserve ma peine 
    Pour mieux t’y abriter.
    Je garde en souvenir
    De nos instants 
    Diaphanes
    Un silence
    d’Opale.
    S’il 
         Pouvait
                       Nous 
                              Bercer.

  • Un matin d’Avril
    la route recouverte
    enneigement
    les roues glissent
    le milan noir
    dans la pupille
    le lierre terrestre
    tressé de neige
    agrippe le vernis frais
    une aspérité
    lentement les flocons
    frôlent la porcelaine
    le visage s’écarte
    il est sous une buée
    d’os et de givre
    apocalypse blanche
    entre les lèvres
    il ne parlera plus
    bourgeon muet
    sous l’avalanche
    des mains laineuses
    en forme de nids
    entrelacées de souffle
    une épaisseur tendre
    au delà du paysage
    couché dans la neige
    il ne fait rien de mal
    des gouttes emperlées
    abreuvent les moineaux
    échappés de ses yeux.

  • Un matin d’Avril
    la route recouverte
    enneigement
    les roues glissent
    le milan noir
    dans la pupille
    le lierre terrestre
    tressé de neige
    agrippe le vernis frais
    une aspérité
    lentement les flocons
    frôlent la porcelaine
    le visage s’écarte
    il est sous une buée
    d’os et de givre
    apocalypse blanche
    entre les lèvres
    il ne parlera plus
    bourgeon muet
    sous l’avalanche
    des mains laineuses
    en forme de nids
    entrelacées de souffle
    une épaisseur tendre
    au delà du paysage
    couché dans la neige
    il ne fait rien de mal
    des gouttes emperlées
    abreuvent les moineaux
    échappés de ses yeux.

  • Le gris du ciel sur mon visage
    Un chagrin fou
    Arc-en-ciel pour enfants pas sages
    Des fous rires fous

    Rires d’enfants se promènent,
    volent
    et s’interpellent

    Les larmes coulent sans cesse
    Un chagrin fou
    Ils jouent à princes et princesses
    Des fous rires fous

    Rires d’enfants se promènent,
    volent
    et s’interpellent

    Mes lèvres de tristesse sont muettes
    Un chagrin fou
    Leurs bouches joyeuses caquettent
    Des fous rires fous

    Rires d’enfants se promènent,
    volent
    et s’interpellent

    Mon corps inerte cherche son ombre
    Un chagrin fou
    Lumière alerte sur boucles blondes
    Des fous rires fous

    Rires d’enfants se promènent,
    volent
    et s’interpellent

    La nuit se pose sur ma vie
    Un chagrin fou
    Le jour se lève sur l’enfance à l’infini
    Des fous rires fous

    Rires d’enfants se promènent,
    volent
    et s’interpellent

    Se heurtent à mon gris qui se traîne,
    Puis finalement s’affole
    Et abandonne.

  • Il est ce soir
    où tu as souhaité
    envelopper les
    mondes à connaître
    le mien d’abord
    le tien ensuite et
    je n’ai su abandonner que
    ce que tu as pu retenir

    mon regard
    le vrai sous le
    tapis de la parodie

    mais désillusionné 
    tu as été
    jusqu’à ce que tu te rappelles 

    il rassemblait au-delà de
    tes désirs déments
    en aucun cas démentis

    de-ci de-là 

    l’ampleur de nos
    vies comme des cimes