Revue Miroir

La revue des ateliers d’écriture de Laura Vazquez.

Étiquette : Comment un poème sauve ?

  • Gratte les cordes de ton âme -fort avec le bout de tes doigts
    Bois un café blanc- avec un peu de menthe, d’anis et une goutte de fleur d’oranger
    Avale une cuillère de miel pour adoucir ta langue
    Reviens au silence
    Prends ton tapis
    Avec tes mains propres, essore ton coeur
    Enlève ces chaussures trop petites – et mets de la crème sur les cores de tes pieds
    Apaise le contour de tes yeux – assassins potentiels,
    Lève-les vers le Ciel et enduits toi du bleu, du blanc
    Le gris, laisse-le entrer, accueille-le
    Dis non – mais ne ferme jamais la porte à une bouche qui a faim
    Lave tes draps tâchés de lait – le lait du dégoût et de la déprime
    Épluche les jours qui ne se retournent pas
    Explore le temps qui est là, juste devant toi – ne le laisse pas filer comme le vent
    Retiens ta langue, tes mots qui blessent comme une hache
    Épaissis ton silence – les murs te remercieront et la lampe aussi
    Accroche ton manteau, décrispe les trapèzes
    Mange le fruit de ta solitude
    Fais coulisser ton foie qui ne draine plus.
    Ménage tes réflexions intestinales.
    Assiège tes peurs et ton chagrin qui ne naît que par toi
    Entoure-toi de gens beaux et bons comme une sauce qui mijote au soleil – de leurs odeurs de repos et de défis.

  • Marcher tout droit,
    Le mur.
    Se retourner,
    Le mur.
    Marcher,
    Le mur.
    Quart de tour, le mur,
    Quart de tour, le mur,
    Quart de tout, le mur,
    Quart de tour, le mur.

    Se coller contre le mur, joue, torse, ventre, hanches, cuisses, et glisser, glisser contre le mur, se coller et glisser contre le mur, vite, de plus en plus vite, jusqu’à ce que les joues perlent de sang, jusqu’à emporter la pièce et la faire tourner, vite de plus en plus vite, et lorsque la pièce tourne seule, toupie, reculer de quelques pas, courir et sauter. Sauter sur le mur d’en face qui tourne, toupie, sauter, sauter, sauter, sauter jusqu’à faire basculer la pièce et la mettre à bas, la pièce, saut après saut, défoncer le placo, encore et encore, à coup de talon, à coup de genou, à coup de coude, à coup de poing.

    Finir blanchi.e.s de plâtre, un goût de craie dans la bouche, avec les jambes, les genoux, les coudes, les poings écorchés.

    Sourire aux lèvres.

  • Le poème qui sauve

    Casse les codes imposés
    Détruis le temps
    Ne réponds pas aux injonctions
    Saute les barrières
    Appelle le cœur
    Danse danse danse
    Sens toi
    Sens ton corps en entier
    Mouvant comme terre
    Dense comme eau
    Magique
    Elémentaire
    Juste là

    Caresse l’espace
    Accepte tout— les secondes
    Trotteuses
    Galopeuses
    Marcheuses
    Chaque instant bénis-le
    De tous tes doigts
    Tous tes poignets tes montres
    Dorées parsemées de
    Diamants
    Les cadrans solaires
    Qui t’offrent la connaissance
    Et la chute
    Du temps
    Bénis-toi
    Bénis-les
    Bénis

    Perds le fil de ta pensée
    Plonge l’inconnu est immense et bleu
    Comme
    Aime tout ce qui se présente
    Minuscules insectes petits fils de plombs ou grands soleils
    Marche sur la route qui
    S’appelle
    JOIE
    Puis
    (le reste est à toi)

    Regarde les coquillages les tiens
    Ces offrandes
    Immenses
    Ouvre-leur des bras grands
    Comme mille
    Choisis de les honorer
    Choisis l’amour de toi
    A chaque instant
    Choisis-les
    Choisis-toi
    A
    Chaque
    Ins-
    tant

  • ARME-Toi de patience
    BOUSCULE et Bascule les préjugés
    CRIE et Chante tes révoltes
    DANSE surtout Danse !
    ÉCRIT l’intolérance
    FUNAMBULE tes maux au ciel
    GAGNE tes batailles
    HURLE à pleins poumons
    IGNORE les cons
    JOUE de la musique
    KIFFE la vie
    LIS surtout Lis !
    MORDS la pomme à pleines dents et fous toi des conséquences
    NOIE ton chagrin
    OUBLIE-le
    PLEURE et goûte au sel de tes larmes
    QUITTE ce qui retient prisonnière
    RIS de tout surtout de toi, ne renonce pas
    SAISIS l’instant, il est fugace et sait glisser entre les doigts,
    TUE le temps
    USE ta peau à d’autres peaux
    VOLE dans le vent
    WEB CAME avec tes amis les jours de gris
    XYLOPHONE des sons dans ton lit et dans les champs
    YOYOTTE par amour, surtout par amour !
    ZIGZAGUE entre les lignes ton propre chemin.

  • Sors de ta chambre
    Éblouis tout
    Écrase la neige
    Porte les yeux au-delà
    Caresse des corps
    Impulse un mouvement
    Compte la mesure
    Respire dedans
    Souris de tout
    Surtout dans le dur
    Donne-toi du mou
    Lâche l’emprise
    Absorbe ailleurs
    Jusqu’à trouver la force
    Que tout arrive
    Évite les pistes sombres
    Saute par-dessus les barrières
    Sollicite ceux qui te veulent
    Du bien
    Mais aussi les étrangers
    Abrège les heures vides
    Demande-moi
    Quand tu manques
    De courage
    D’écouter
    Ta peine
    Mais pas que
    Sois plus fort
    Que le reste

  • Esquive l’ailleurs
    Quitte la nuit et ses averses
    les herbes et les taillis
    les pays dont tu n’es pas, plus
    les collines et les forêts
    Récite comme les oiseaux les jours et le réel
    Les arbres les feuilles
    Elève toi, fredonne comme une abeille gavée de miel et de douceur
    Pique quand il le faut s’il le faut
    Appelle loin devant quand tu arrives au-delà au-devant auprès de
    Réclame un nom, une vie, un chemin
    Cherche l’imaginaire sur le sentier
    Irradie comme les ailes d’un papillon sur le bitume
    Expose ta peau d’ours privée de sa bête
    Dénude les rêves pendus aux câbles électriques.

  • Émerge comme l’espoir
    Mets tous les ingrédients de ta vie ordinaire dans le mixer des rêves
    Mixe à vitesse maximale
    Chante les arômes, les épices, les fumets, les saveurs
    Réserve-les bien au chaud
    Dans un bol cristallin aux reflets de diamant
    Appelle les papillons, les libellules, les hibiscus
    Réclame le papier d’argent pour les mettre en papillotes
    Rayonne le papier doré à point sur les ailes de feu des chimères
    Expose tous tes rêves, des plus simples aux plus fous
    Épluche-les ensuite un à un
    Change la garniture selon tes saisons et tes humeurs
    Ajoute ta sauce à toi
    Celle que ta mère t’a transmise
    Arrose de sirop de temps en temps
    Saupoudre de paillettes à discrétion
    Sers sans attendre, accompagné de miel, de vanille, de gingembre

  • Esquive l’ailleurs
    Quitte la nuit et ses averses
    les herbes et les taillis
    les pays dont tu n’es pas, plus
    les collines et les forêts
    Récite comme les oiseaux les jours et le réel
    Les arbres les feuilles
    Elève toi, fredonne comme une abeille gavée de miel et de douceur
    Pique quand il le faut s’il le faut
    Appelle loin devant quand tu arrives au-delà au-devant auprès de
    Réclame un nom, une vie, un chemin
    Cherche l’imaginaire sur le sentier
    Irradie comme les ailes d’un papillon sur le bitume
    Expose ta peau d’ours privée de sa bête
    Dénude les rêves pendus aux câbles électriques.

  • Déclare qui tu es
    Rayonne devant ce qu’il te reste à faire
    Respire fort quatre fois
    Imagine que tout soit possible en gardant les yeux ouverts
    Ouvre très grand le tiroir de l’intuition
    Maintiens la lumière où qu’elle soit dans les signes
    Colle toi à ce qui ne lasse pas le regard
    Opère des métaphores qui te permettent de bien vouloir continuer la vie
    Se tourner les pouces n’est jamais inutile sache le
    Observe tous les jours ce qui est plus bas que toi et souvent chaque jour ce qui te dépasse
    Allonge toi dans l’eau dormante
    Croise décroise tes doigts en tenant des mains de passage
    Hurle toi entièrement bien qu’il fasse doux
    N’oublie pas celui qui t’a volé ta bouche
    Reprends dans tes poings des poignets de terre
    Marche vite mais aussi à pas feutrés
    Délimite des périmètres sacrés
    N’attends rien
    Ris pour te donner chaud
    Projette des moyens de locomotion qui suffisent aux paupières