Nos lits sont des continents différents ;

Le parquet, des mers jointes. 

Maintes mains de pieuvres nous séparent

Le slam d’une sirène nous éloigne

Des visages – dans la marine, on se charge de visages.

Les portes n’ont pas d’autel

On s’arrête jouir dans des hôtels.

J’assume sans hâte les échecs,

Les trahisons, je les paye par chèque.

Je défie des ports trop blindés

Je me défais les lèvres basses

Incapables de retenir les nerfs qui lâchent.

Je jacte sur des flancs

Le flot blanc recouvre presque la coque

La nuit nous apporte son front d’étoiles

La nuit porte à son front des voiles

Tandis que les doigts cerclés continuent d’alanguir

D’épuiser, de guérir

J’ai puisé dans l’eau l’amer et le salé

Je l’ai tamisé dans une salière

Pour sortir, j’ai remis le pull sale d’hier

J’écoutais à l’onde gonflée et déjà lourde

Les calanques se frotter

Nos lits n’ont pas bougé:

Tout près, nos continents.

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