Pour celles qui font des drames, qui ruminent des épingles, qui tournent en boucle leur linge sale dans leur ventre
pour celles qui vivent clouées au lit du plomb dans les plumes sous le ciel du plafond
pour celles qui ont tout misé sur un nouveau départ et qui rentrent dans leur trou aussi grises qu’une souris
pour celles qui se tapent la tête contre leurs propres murmures
pour celles qui s’assoiffent de regrets et s’abreuvent à leurs larmes
pour celles qui tirent le rideau sans faire leur révérence
pour celles qui tombent à genoux pour un oui pour un non hurlant jusqu’au dégoût
pour celles qui n’ont pas su pas osé pas fini et qui s’effacent avant l’heure de la disparition
pour celles qui saignent des larmes tant elles ont à pleurer
pour celles qui s’abritent dans les brindilles de leur peau aussi fragile qu’un nid d’oiseau
quand les puissants seront déchus nous affolerons le monde
quand les gagnants auront perdu nous brandirons nos échecs comme des reines
quand les conquérants seront vaincus nous clamerons nos victoires de rien
quand les vaillants n’auront plus de courage nous leur offrirons nos forces de souffrantes
quand seuls l’art et la beauté nous sècherons nos larmes
quand seuls l’océan et l’écume nous voguerons sur nos vagues à l’âme
quand seuls la brume et le vent nous referons surface
quand seuls l’éclair et la lune nous nous tournerons vers le soleil
de nos vies effleurées un parfum reste à naître
chaque jour entre nos murs mille oeuvres à enfanter
notre survie signifie encore plus que la vie