À l’enfant en soi

tes fragilités sont une rousseur automnale 

où meurt le superflu quand mature ta sagesse

la peur de l’abandon y tiens-tu ? 

Est-ce elle qui te tient ou toi qui la tiens ?

Lâche-la comme l’arbre laisse choir ses feuilles

dans ta saison prochaine sur ta branche éternelle 

tu verras fleurir le lien à l’autre 

vermeil à l’égal des fruits de tes œuvres abyssales

ta vulnérabilité nue tel un ver est une force 

qui creuse les galeries de ton âme pour atteindre la lumière

dans la sombreur sens la plénitude des verdeurs qui te couronnent

Avec la partition des remises en questions

crées une symphonie de guérison

le doute n’est qu’une goutte dans l’océan

l’inconnu n’est qu’un vertige pérégrin

jamais on ne tombe d’une falaise en la regardant d’en bas

jamais on ne se noie dans une goutte d’eau

sinon en étant prisonniers prisonnière de ses imagos

leur issue est dans l’aube qui dépasse toutes nos blessures 

laisse toi guider par le fil de lumière qui mène à toi

l’amour

La récompense de tes efforts papillonne

de ton printemps qui bat des ailes

dans les jours plus lourds que l’angoisse 

saisis-toi du ciel aquarelle

comme d’un argument pour vaincre la laideur civilisationnelle

l’hiver ne craint la solitude 

c’est pourtant dans son ventre que les graines d’espoirs sont semées

fais de même

la rosée manifeste sa pesanteur éphémère sur une fragile pétale 

comme elle pleure sans te cacher

ose mirer tes failles dans la beauté des larmes 

contemple ce sillon mon enfant

il est la verticalité qui chemine de ta cime à tes racines 

le reflet de l’amitié avec soi-même

dans cette larme puisses-tu percevoir le miroir de ta beauté intérieure

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