Tu es là
devant moi
dedans ton petit carré blanc
photographique
tu te regardes
dans la glace
dans ta robe blanche
conception immaculée
tu te prends en photo
selfie sepia de toi
tu t’immortalises
je ne vois que toi
et l’appareil photo
serré contre ta poitrine
le sein des seins
où bientôt je nicherai
ton corps blanc
ta taille violoncelle
je voudrais les entourer
de mes bras qui se forment
toucher ton étoffe
fine rugosité
et renifler ta peau
si peu maternelle
je sens ta beauté
elle me transperce
elle m’atteint
je m’y déploie
sous ta robe
j’envahis le terrain
je prends place
je te possède
je nais dans tes yeux
tu me vois dans la glace
tu me repousses
mais tu m’attends
mes cheveux dans ton reflet
mes yeux dans ton regard
mon corps dans le tien
je vais sortir
comme l’oiseau de l’appareil
perce le mensonge
transparent
où j’apparais
je suis à ta place
à présent
confondue
de ta disparition.