Je remplis une feuille d’imposition.
Plus j’écris et plus je vois les lettres tomber comme un mur en crépit sur mes doigts.
A travers l’écran ramolli je vois le contrôleur des finances en habit de cochon.
A peine ai-je eu tapé mon numéro d’immatriculée que son grognement lézarde la nuit étoilée au dessus de la case «je ne gagne pas d’arggggggggg… ».
Mon stress s’alambique telle une queue de porcà mesure que je remplis les cases «Sexe» «Nationalité», « Age ». Tandis que les cases se mettent à toupiller de psychose jusqu’à se diluer dans la pupille noir pétrole de l’officier, son groin immense me fait face, il est minuit quelle horreur.
«Envois-moi ton attestation de domicile» me somme-t-il sur un ton nasillard.
Je lui jure que j’ai élu domicile dans la poésie. Mais rien y fait, de ses narines nauséeuses sortent des lettres d’alphabets qui ricanent
AH
AH
AH
Elles désencroûtent les escaliers où dégringole l’acronyme « SDF », il me saute à la figure pareille à une invasion de cafards.
Avant que je ne devienne moi-même cafard, vite vite, je cherche une bombe poétique pour désarmer la novlangue qui donne le cafard, vite vite un livre au hasard… Joyce Mansour…
Soudainement la couronne du toit s’ouvre, la maison dieu me tutoie d’histoires nocives, les algorithmes s’agglutinent en bataillon sous mes pieds afin de dévisser mes ponts-levis de globe trotteuse.
Des postillons de 1 sortent de la gueule rose du commissaire et traversent le hublot de mes yeux sans frontières, ils fourmillent jusqu’à mes cheveux de Méduse qui s’envolent vers un ciel sans nombre, que la statistique n’arrive plus à attraper.
Endurci de la couenne il me lance :
« Attendu que votre adresse au 1er janvier 2020 est un accident de l’amour ou un excès de voyage,
votre déclaration des revenus 2019 ne sera prise en charge que si vous produisez
une répulsion estimable pour la castration auprès de ces organismes ombilicales
englobant l’érection du 1er janvier 2020.»
Et voilà que le 1 jaillit du clavier, il se couche semblable à un phallus ailé à pois fuchsia, et m’assène :
«- Où dormais-tu le 1er Janvier 2020 ?
– Entre vos bras. dis-je
– Vous me trompiez avec le 2 janvier n’est-ce pas ?
– Mais comment en serait-il autrement, on ne peux arrêter le temps au 1er janvier !?
– Et bien vous serez condamnée aux travaux de Sisyphe, puisque vous ne vouliez pas rester dans la perpétuité civil vous ferez en sorte que chaque jours soit le 1er Janvier 2020.
– Mais comment le puis-je ?
– Fournissez-moi une attestation de domicile !»
Chapitre final
– « Mais Sisyphe est un homme or j’ai coché la case « femme », votre sentence est caduc mon cher
– Alors vous serez condamnez au travaux de Pénélope.
– Ce n’est pas des travaux c’est une ruse pour échapper aux mains des prétendants.
– Impertinente ! »