Debout plein vent devant les mâts des bateaux quai Rive Neuve ou quai des Belges. J’attends mon tour. Les mâts produisent un son de métal et de cordes. Les filles ont retroussé leur pantalon et J’imagine que je suis le petit espace de peau nu entre. Je ne fais rien d’autre et l’air est plein de savon. C’est à cause des touristes que l’air est plein de savon et c’est à cause des touristes que le savon est si proche de la fin de la mer qu’on appelle le port où il y a le métal et les cordes et les bois. ALORS Je ne sais pas encore demain le trou dans le sol, que je tomberai. Et la dame me prend le bras et me relèvera et me dit vous pouvez debout ? Et moi oui je peux c’est juste le trou. Et elle vous êtes sûre ? Et moi oui c’est juste le trou là vous voyez- je lui indique le trou avec mon doigt- aux pied de l’arbre micocoulier le trou rempli de mégots et de papiers et de choses déformées par le temps qui passe et aussi le temps du ciel. Et elle dit oui le trou, c’est le trou mais la ville trouée, elle est faite avec les trous, c’est le tissu entre c’est les trous. Je lui dis oui il faut y penser il faut regarder où on marche et penser le tissu où on marche la ville. Elle dit oui regardez où vous mettez le pied si c’est un trou ou pas. Il faut faire attention. Et là je me dis mais faire attention oui c’est à ça que je pensais quand je marchais sans voir où. Faire attention parce que tu n’avais pas fait attention et j’étais en colère et je marchais en colère sans faire attention où juste ton attention je ne sais où et je suis tombée.