Poulet frites

Les couleurs chatoyantes, le soleil qui brûle sur la plage en été, les vagues qui lèchent le sable et les cuisses dorées recouvertes d’un fin duvet blond. Le clocher de l’église du village, ses pierres plus vieilles que la terre, l’humidité de ses murs et l’obscurité des vitraux. La faible lumière qui traverse, vient caresser négligemment le corps d’un Christ atrophié et trop triste pour moi. Mais les cloches retentissent et déjà le ciel bleu emplit l’espace, un long nuage filiforme s’étendant comme filigrane, traînée blanche sur la toile azur. Les gens parlent, le murmure de la foule jaillit des étals de marché resplendissant de leurs odeurs et d’un bazar bien calculé : poivrons, olives, nappes provençales et cigales musicales à gogo, attrape-touriste, madeleines de Proust et cornes de gazelles, cumin, origan et piment d’Espelette… Ou encore parfums alléchants d’un poulet qui suinte son huile sur des pommes de terre frites depuis des heures. Ça creuse l’air marin.

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