L’absence est sans réponses elle ne se tamise pas
pour les faire apparaître
une fois la poussière retombée
l’absence creuse un trou, c’est tout
elle ne demande pas son reste
elle prend la place qui lui sied
elle s’installe
l’absence presse le sang dans les veines, noue le ventre
indique aux doigts le rythme d’un tapotement sur la table
retire le sommeil de la nuit ajoute de l’eau
aux yeux
enlève du cœur à l’ouvrage
remue l’estomac abonde les pensées
l’absence en même temps qu’elle ajoute un poids, un fardeau, un souci
retire, enlève.
l’absence desserre le tissage intérieur
et resserre bien fort les mâchoires
l’absence n’est pas un malheur qui tombe
l’absence est un sursis qui se renouvelle sans cesse
l’absence prend des nouvelles, sans cesse, comment ça va aujourd’hui
et coince son pied dans le pas de la porte
tant qu’aucune nouvelle nouvelle ne vient
l’absence crée des courants d’air, chuinte et bruisse
l’absence tient en elle-même, une matière qui préfère la densité au débord
l’absence qui chuchote d’un souffle étouffé à l’oreille
quand c’est mauvaise pioche et qu’on a tiré les mauvais mots.