Pour être au monde
il faudrait écouter nos morts sous l’écorce des tombeaux puiser les mots
de sagesse
Mais nous sommes en retard à épuiser notre paresse
nous avons peur
du regard de l’if sacré
son ombre verdoyante
posée sur nous
Jamais nous ne serions
nous tenir hors du cercle
de l’ange et du diable
tous deux unis
en concrétions pourpres
dans l’affliction
de leur propre chaîne
Assigne à ta perte
le nom de l’absence
tiens-toi sous les os
de l’oiseau migrateur
ta sueur blottie
sous l’éboulement
des feuilles d’or de la nuit
Renaîtras-tu des cendres
pour mieux disparaître ?
Écouteras-tu enfin
le chant des roseaux
et la pluie ardente
des épistophanies
descendues sur toi
exuvie après exuvie
arrachées à la bouche
-cercle-en-ciel
de cet incommensurable
serpent de feu ?