Je suis allée dans ses yeux iodés
dans sa bouche dans ses mains bleu
j’ai aimé sa chaire sa langue cobalt
son sang couleur mer
ses cheveux vautrés aux pieds des ruines bleuâtres
ses tatouages bleutés de sirènes queer
ses postiches de Polichinelle qui piratent le masque des bleuets
son magma de Saintes Dolorosa
sa peau arrachée comme des affiches de messes bleu
blâmes de graffitis gravitants sous la glaive d’Athéna
son christ indigo sous les néons rococos
comme des klaxons de rengaines et de vendettas familiales
Bleu jusque dans sa nuit
bleu dilué dans ses cocktails de cris de transes et de tarentelles
d’enseignes mafieuses aux venelles tarabiscotées
bleu emberlificotées dans l’effluence pétrole des vespa
bleu sacerdoce sur semelles de sacs plastiques bleu
NAPOLI !
Dans ce méli-mélo de crasse et de beau
fatras visionnaire
mystère prophétique
lapis-lazuli arborés dans ses devantures émiettées comme du scaferlati
qu’on croirait être soi même bleu
croître en son bleu roi et l’assumer
jusqu’au sang de la création le consumer
jusqu’au pouls de la vie le humer
jusque dans la force de ses vulnérabilités
et de ses failles le transhumer