Tandis que le ciel de la baie se teinte de bleu, le bleu laiteux du ciel, l’azur du ciel toujours plus bleu, le bleu céleste du printemps pastel ; tandis que le printemps céruléen féconde des bourgeons aériens, l’éveil des abeilles sur les bourgeons, la joie exaltée des fleurs humides de rosée, les norias de fleurs qui scintillent à la lumière du jour éclosion ; tandis que le jour lumineux se dépose sur les toitures des maisons, sur les nervures des troncs d’arbres, sur les voilures des goélettes, sur les chevelures assises en terrasse, sur les chaussures ensoleillées ; tandis que la chaleur du soleil se répand sur les pieds nus, les mains nues, les cuisses nues, les bustes nus, les nombrils nus, les paupières nues, sur la peau du cerveau qui se dénude à son tour ; tandis que la peau nue du cerveau s’encre de bigorneaux amoureux, de siestes à l’ombre des falaises, de baignades dans la mer d’Iroise, de glaces aux fruits rouges, de vins nature entre chien et loup, tandis que chaque chose devient une image dans le cerveau nu, chaque chose posée, chaque chose imposée, chaque chose fluide, chaque chose figée, chaque chose rémanente, chaque chose fugace, chaque chose présente, chaque chose enfouie ; soudain le cerveau prend froid. Il estompe la place de chaque chose et convoque l’image monochrome, l’image fantôme, l’image hématome. Ton corps liane. Aux chairs serrées à la base du cou. Le bleu des traces de la corde sur ton cou. Le bleu nuit de l’hiver à perpétuité.

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