Je tends mon bras,
un désir de vouloir l’étirer à l’infini, frôler du bout des doigts les horizons.
Je le tends mon bras, je le déploie pour faire passer le temps, pour ouvrir les espaces,
pour regarder sa densité.
Je le tends pour le laisser en suspension et parfois j’y invite le deuxième,
je les tends pour faire l’oiseau, c’est aussi un autre passe-temps que de s’imaginer voler.
À d’autres moments je tends mes bras devant moi et je fais genre que tu es là,
je fais genre que ton regard se dépose et qu’on va se regarder longtemps dans le fond des yeux,
tu es un de ces horizons et tu es immense.
Ici je tends mes bras pour aussi vite les refermer, je les ferme pour entourer le vide,
le vide où les horizons s’engouffrent, ceux des sommets et des plates-bandes, ceux de ta langue,
ceux des mers des révolutions, ceux des lignes de ta main.
Le matin je tends mes bras pour étirer le corps,
faire grandir la surface où se sont glissaient tes pensées,
l’autre nuit dans la paume de ma main j’en ai fais des projections
J’ai tendu mes bras pour prendre du recul et tu es apparu.
Je tends mes bras et depuis la fenêtre je touche tous les arbres que tu as contourné
Au-delà il y a les montagnes voilées.
Je tends mes bras à l’horizontale pour dessiner un horizon dans lequel je me trouve
et je t’imagine faire pareil en face.
Alors nous ferions des vagues très lentement avec nos têtes prises dedans.
Certains jours je tends mon bras pour l’agiter dans tous les sens
entraînant inévitablement ma main dans une folie furieuse.
Derrière il y a l’horizon du sommeil où tes bras reposent.
Chaque jour mes bras se rappellent les horizons que tu as traversé,
il n’y a pas de limites, les horizons sont infinis.