L’odeur des astres

Quand je m’approche de l’intérieur de mon poignet j’y trouve l’odeur que je préfère, celle de la maison qui a mangé les années, il y a parfois un peu d’un lendemain dans lequel j’oublie demain – je n’ai toujours pas crié au bord d’un précipice et quand je vois Izée le faire je me mets à pleurer – mais je peux sentir, comme des diapositives qui se succèdent, l’odeur du lait sucré dans le berceau, celle du parfum de ma mère, celui de ma soeur lorsqu’à son tour elle fut mère pour la première fois, l’odeur de l’inconnue dans le bus qui ne voulait pas qu’on sache qu’elle était sa maison, l’odeur pour ce vers quoi je suis tant amoureuse mais aussi celle de la peau qui a chaud – à force de vivre – celle de la pluie en été puis les retours du mimosa ;
je pourrais aligner les traces et étaler ma vie de cette manière, les ingrédients qui participent à retrouver le jour sont ceux que j’espère porter encore longtemps sur le dessous de mes bras.


Les substances d’un jardin des subsistances qui même sans espace se comptent en hectare – je ressemble à un ovale qui ne pourrait jamais se fermer – quelque part là sur le milieu de mon paysage sous cette envergure secrète. Quand j’y mets l’odeur des astres la caisse de résonance s’ouvre un peu plus, il m’arrive souvent de considérer que ce qui m’habite est la persistance d’étoiles au chevet de mes yeux – quand l’odeur apparaît l’image s’en suit –
À mesure que le temps passe je sens l’odeur du brûlé gagner mes os, l’impact des veilleuses prolongées.

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