Je suis à la rue la rue est à moi

Je peux perdre le fil
dans cet étrange pays
qu’est le quotidien

je peux perdre le fil
quand le sérieux devient
un mensonge qui s’ignore

je peux perdre le fil
grâce au rire puisant sa source
dans les tragiques lignées

je peux perdre le fil
caresser des couteaux avec le cœur
embrasser mon reflet dans les lames

je peux perdre le fil
lâcher le manche des appartenances
n’avoir pour paix que deux mains nues

je peux perdre le fil offrir des cailloux en guise de papillons
à d’inconnus passants pour que de pauvres bancs
deviennent une chambre moins pesante

je peux perdre le fil des frontières
ne faire que traverser des-astres pour me rendre compte
que mon corps est celui de cet arbre couché ou de l’étoile impossible

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