Ne rien faire

Ce qui coûtait 1 franc
ce qui servait à se dire je t’aime
ce qui ornait le coin d’un chevet
ou servait à caler un meuble
cornée par les déménagements
égratignée par les entassements de livre
que tu ne liras peux être plus
aux éclaboussures d’encre et de café
sûrement celui que tu buvais
avant de prendre congé
par ta signature aux couleurs passées
ces lettres de lierre grimpant
cet ours aux pigments délavés
cette ruine qui n’a pas bougée
cette prairie toujours éloignée
existent-ils encore
en dehors de cette carte postale ?
Peu importe la réponse
à cette photo je n’appartiens plus
je triomphe grâce aux saisons
ma demeure est au vivant

Aujourd’hui le paysage est une brouette
aux bruissements qui dévissent tous mes gestes  
en chantier le vent passe gratuitement
je tombe comme une feuille d’automne
sans nulle autre identité que la rigueur des branches
bien des rivières ont coulées sous mes yeux de falaise
à n’en faire qu’océan de mes pieds sans idées
gloire au magnolia qui perd ses fleurs sans perdre sa verdeur
la fenêtre me fait des avances
elle me montre sa rue nue qui ne se réveil plus
quelle pluie!
Je n’y plongerai pas
fixé comme des pieds de tables
le sol me retient

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