Terrien

T’es rien
que 4 bouts de bois
agrafés à un socle de peuplier
sur des vestiges de jus de tomates
qui sont l’attentat d’une vague vie antique
aubade de caniveaux
d’un dimanche sans ciel
tu es venue à moi
tu m’as choisi

J’avais besoin d’écrire sur quelque chose
j’écrivais sur presque tout
sur une table souvent
sur mes blessures surtout
sur les murs partout
mais depuis que j’ai mal à la terre
j’écris sur toi

Tes visages sont un voyage sur un voilier
qui transporte des lacs des loups des étoiles
que je tiens comme une énigme entre mes mains
au grée d’un vent dans la lune

Je te regarde te renverser
pour vider tout la matière faisandée
les peurs pourris la haine frelatée
le râle des enseignes où la lumière saigne
où les fenêtres perdent leurs yeux

Tu habites invariablement l’intime
nyctalope
sur ton séant de pyrée
je tiens l’équilibre entre la nuit providentielle
et un sommeil damné

Le plafond a des rides
et je ne dors pas
sur ton promontoire
des signes de sursauts des coups de feutres
des taches de cire et de réveil
d’encens et d’insomnie

Combien de mots raturés jusqu’à toi
combien de poèmes enterrés sous tes pieds
sous lesquels je laboure mes affres
et mes arc-en-ciel
sur toi
cagette retournée

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