Je me suis saignée à tes mots comme l’on écorche sa peau en glissant malencontreusement sur un rocher. Tes mots qui m’ouvrent comme une entaille profonde et viscérale où la douleur vive vous arrache un cri qui vous réveille soudainement le corps, le cœur et l’âme. La cicatrice, reste là, indélébile au temps qui passe, une blessure profonde qui se ravive lorsque l’on ne s’y attend plus comme l’on danse nus pieds sur la braise.

Je me suis enivrée de ta poésie, comme l’on apprécie un bon vin, lentement, subtilement, délicieusement appréciant un à un chaque arôme de tes ‘vers’, subtils et délicats, jusqu’à tituber, ivre et légère, sous les étoiles et la lune, mes pensées noctambules en anicroche à ta voix qui me susurre des envolées nocturnes, nos rêves tactiles qui s’emmêlent et se confondent tout au bout de nos doigts dans des envies d’encore.

Je me suis dénudée au fil de tes pensées lointaines et tes désirs sensuels qui enflamment tes mots de sel, dénués de bon sens, sans dessus sans dessous, sans protocole dans l’osmose parfaite de deux corps qui se cherchent, se frôlent et qui se reconnaissent sans jamais se trouver ni s’appartenir qu’au solstice de l’hiver pour réchauffer nos peaux du plus fou des baisers volés comme le goût inoubliable de la douceur sucré du miel qui coule et fond sur nos lèvres et nos palais.


J’ai dévoilé à mon tour mes plus beaux atours, et t’ai chanté la pureté de mes oraisons dans l’ombre de ton ombre, au son de ta musique épistolaire qui emplit le ciel de tendres soupirs de plaisir, de « chut » comme la caresse du vent qui finit en silence d’absences amères où une larme « perle » comme un trésor caché et piégé dans sa coquille opale, vingt mille lieues sous les mers, là où les maux d’amour éphémère disparaissent en secret, engloutis par les eaux, et se taisent à jamais dans l’immensité de la frivolité imaginaire de la rencontre impossible avortée.

« Je crois qu’on devrait aller vivre seul au fond de la mer avec ses mots »
Virginia Woolf

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