Comme un premier rendez-vous

C’était décidé. Je monterais dans le premier bus qui me conduirait vers cette ville inconnue, cette capitale, dont j’avais tant rêvée, et, qui, en cet instant, devenait accessible. J’avais mon plan sur lequel
j’avais minutieusement tracé mon itinéraire pour cette première rencontre. L’impatience de la découverte, les mains qui tremblent, le cœur qui bat, l’imagination qui s’emballe et qui invente déjà une belle histoire, les sens qui se troublent. Je me sentais comme lors d’un premier rendez-vous amoureux. Fébrile face à l’inconnu, mais avec une envie irrépressible d’y aller…

J’avais tout prévu dans ma tête, tout préparé, pour être sûre. Mais qu’allais-je découvrir ? Tout se passerait-il comme dans mes plans ? Y aurait-il une part d’imprévu qui donne à la rencontre son caractère exceptionnel ? La ville me livrerait-elle tous les secrets de ses méandres ou bien, comme l’amoureux, entretiendrait-elle une part de mystère pour m’inciter à revenir, à faire voyager mes rêves, à entretenir un soupçon de surprise, qui maintient l’attention à l’autre, fortifie le lien et fait grandir, au plus profond de soi, la ferveur des sentiments ? En descendant du bus, et au contact de mes pieds avec le sol, de mes yeux sur ses premiers secrets, de mes doigts caressant lentement la rambarde du pont qui enjambe son fleuve, serais-je conquise, déçue ? Serions-nous sur la même longueur d’onde ? Aurais-je envie d’aller plus loin ?…

La voix du chauffeur de bus me tira de mes pensées. Tout à ma réflexion, j’en avais oublié mon plan, oublié la station, où j’aurais dû m’arrêter. J’étais au terminus. Je décidai donc de descendre et de me laisser guider par l’imprévisible, que la ville avait finalement prévu pour notre première rencontre. Je me laissai enlacer par elle comme par les bras d’un premier rendez-vous amoureux, dont je ne sais vers quel destin ils voudront bien me porter.

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