Floue

Je suis floue. Flottante au milieu de nulle part. Je suis flouée dans un vide abyssal, un flou artistique embué d’un nuage de maux anarchiques et dissemblables, disséminés dans un corps trouble, tremblant, troublé, shooté à l’argentique d’une vision achromatique. Je suis floue tel un fantôme qui apparaît léger et fluide sans vraiment exister et qui disparait.
Je suis floue à la lueur du jour. Je suis floue aux battements métronomiques du temps qui s’allonge jusqu’aux nuits somnambules où la brume nocturne floute ma vue d’un brouillard opaque et sournois. Je suis floue. Je me cogne au mur de mes peines et l’écho de ma voix résonne et se perd dans un puits sans fond aux méandres obscurs de l’obscurantisme du monde. Je suis floue. Je suis floue malgré les ajustements et les lignes conductrices qui gouvernent mes mots qui me mènent en bateau qui se cogne, désossé, contre les récifs abrupts et s’enfonce dans les eaux noires et profondes de l’océan qui malmène mon cœur qui vocifère, flou lui aussi, quelques balbutiements inaudibles.


Je suis floue.
Fugace, je me noie en silence.

Laisser un commentaire