C’est fait. Je suis une falaise, cernée par les ressacs et leurs doigts gantés, façonnée par le
claquement des vents, prise et tenue par les marées, phare immobile des tempêtes.
Ma patience érodée, ma vision noyée par le brouillard, je me tiens solidement, impassible et
hors du temps.
Parce que je ne pouvais pas accepter
les océans versatiles qui détruisent les barques de fortune
l’amertume des nuits noires sans espoir de repos.
À force de déluges et de chaleurs sèches, voilà. Je suis devenue une falaise.
Mon destin est peut-être d’attraper la terre par les pieds, d’enlacer les vagues, de bouger sans
avancer ; d’exister grâce à la danse du monde.