Tout se déchire lorsque tu ne dors plus.
A la seconde où tu récupères ton corps pour dire,
Jamais plus.
On a imprimé le silence sur ta peau,
Cousues tes lèvres,
Etranglé ton cœur, ébranlé ton âme,
Utilisé tes os en guise de sex-toys.
Tu dormais et tes yeux clos peignaient les feux de mon visage.
Moi, je vais là où chantent les incendies.
Là où le ciel s’écroule et se fond dans les barbelés.
Là où les disques se rayent,
Là où les anges se font laminer la gueule.
Là où la chance est une raclure et là où sont nichées les zones endormies,
Couvertes de suie.
Briser les non-dits,
Crier les amours,
Broder les rages.
Tu rêves ces verbes et lorsque tu ne dors plus,
Que tout se déchire,
Je me fonds dans tes pupilles et tu
Tombes
Tombes.
Tombes.
Dans le précipice des possibles.
Ecoute ces chemins pavés de gloire :
Tu saigneras les poètes maudits,
Tu désenchanteras les contribuables,
Tu soulèveras les palais pour les muer en forêts,
Tu effaceras le silence incrusté sous tes ongles,
Tu reconfigureras ton ossature pour l’écrire chimérique, songeuse, terrifiante,
Et tu vomiras des litres de sang sur les toits d’or et d’argent.
Et puis, une fois que tu auras vécus tous ces possibles,
Tu oublieras le sommeil.
Le sommeil sur tes lèvres.
Tu habiteras près de la mer,
Tu enquilleras les heures creuses avec le sourire.
Un sourire qu’on répètera comme un conte,
Comme une légende,
Comme une chanson.
Impossible à oublier,
Refusant de s’étioler,
Dans la rumeur des corps fracassés.