Je suis à l’entrée.
De ta maison.
Toi d’abord.
Je suis chez toi. Tes parents. Pas chez nous.
Le lac en face.
L’eau douce, couleur d’acier.
Nager tous les jours, taire le corps.
Anesthésier.
Trembler. Un peu.
Souffler fort, une fois, deux fois, trois fois, encore.
Le sang revient.
Tu veux que je suive ton rythme. Attends.
Partout. À chaque départ. À chaque carrefour.
Oublier les choses d’avant. Marcher plus vite.
Toucher plus fort, se réchauffer.
Là où il y a des règles, il y a des frictions.
Là où il y a de la contrainte, il y a de la résistance.
Entre toi et les autres. Entre toi et moi.
Je ne suis pas forte. Pour les efforts.
Je suis ici et ailleurs. Là-bas, et nulle part.
Tu voudras tout, je ne prendrai rien.
Tu rempliras, je serai vide.
Il faudra du temps, du repos, des jeux, de l’espace.

Je te donnerai ce que je ne possède pas encore.
Je construirai des feux.
Pour me calmer.
Et tous les jours,
Même invisible, même inconnue,
À moi-même.
Ce sera une course de fond, je trouverai la cadence
Je suis derrière, attends.
Je cherche du bois ou de la vieille pierre,
Pour nous bâtir une maison.
Et respirer, dehors.

Laisser un commentaire