Fixer le pare-brise de la Prius- L’automne, les essuie-glaces en rythme.
La route berce. Défilé de pins rouge, brume, pluie, cliché.
Couleur vert, brun, doré. La forêt sur des kilomètres ; Lui conduit. Moi j’attends.
Agitée. Habitude. C’est triste, ce jour de fuite.
De la fin.
Maintenant, ça fait longtemps, presque mal de la voir.
Cette forêt, cette route, sa voiture, sa cigarette, les pins, l’automne.
Jusqu’à l’aéroport.
Ses mots. Décousus, étouffés. Langue étrangère.
Suspicion banale. Content que je parte.
Soulagement dans sa voix.
Honte dans la mienne.
Il n’a pas dormi depuis trois jours. Pour moi. Pour rien.
À peu près.
Chauffage à fond. Buée. La nausée du tabac mal roulé. Je fume un peu, quand même.
J’avale tout à l’intérieur.
Ventre, fumée, pins, forêt, route, pluie.
L’hypnose continue. Spasmes à l’intérieur.
Ivre à l’intérieur. Excès des jours accumulés.
Trop de tout. Les kilomètres pour évacuer. La panique. Presque. Pourquoi ?
Un instant. Pause sur image.
Nous marchons dans le vert, brun, doré. Caresse les troncs. Cliché. Difficile de savoir. Il filme
tout. Mais les images ont disparu.
Lumière partout. Et puis le grand silence.
Pause sur image. Finalement. Viens.
Côte à côte. Pas trop. Peau tendue. Paume ouverte. Collés, comme le vert au tronc, comme le
rouge des pins. Comme la maison près du rivage.
C’est derrière nous. Corps fragiles, cœurs déçus.
Pour rien.
À peu près.