Les pas

J’allais avoir six ans
Dans le jardin d’Eden,
Parmi les coccinelles,
Les oiseaux, les sauterelles,
J’entendais juste ses pas,
Assurés, affectueux,
Sur le menu gravier
Des allées potagères,
Un craquement familier,
Céréales croustillantes,
Sous les sabots aimants.

Hélas, tous les menus graviers,
Un jour cailloux devinrent,
Puis un roc acéré,
Pour construire une dalle,
Où l’on ne fait qu’un pas,
Ton ultime demeure.
Je me retrouvai seule,
Dans l’allée potagère,
Mes oreilles fouillant,
Mais n’entendant plus rien,
Restai seule à pleurer,
Le craquement familier,
Et les pas croustillants.

Dans le printemps soudain,
De ce menu gravier,
Me parvinrent quelques sons.
C’était bien ce craquement,
Qui tintait à nouveau,
Enfantines céréales,
Sous les semelles d’un cœur,
Celui d’un beau jeune homme,
Aux pas doux et aimants,
Il fit réapparaître,
Pour deux âmes qui résonnent,
Dans le jardin d’Eden
Ces chers pas croustillants.

Laisser un commentaire