Je ne sais pourquoi j’aime mes mains
Pourtant elles sont minuscules
On voudrait les attraper qu’il faudrait les ensevelir dans une autre
Une autre main
Les faire disparaitre pour les réchauffer
Elles sont froides Souvent
Elles ont la peau sur les os
La légèreté que cela leur procure les fait voltiger au grès des besoins
Certains doigts qui les composent sont tordus C’est la bosse de l’écriture
Tu la connais ? Sur le côté
Juste là en haut Ça part sur la droite
Où le stylo plume dans la jeunesse a creusé son sillon en même temps que les traces
sur la feuille
Mes mains sont devenues une langue
Elles façonnent les mots
Elles rient
Elles s’énervent
Elles apprennent aux autres
Elles parcourent mon onde cérébrale
De signifiant en signifié
Elles courent aussi vite que la pensée
Ou elles essayent
Mes mains sont longues et jeunes
Mais le temps a déjà dessiné ses rides
Pour marquer tout ce qu’elles ont
Tout ce qu’elles sont
Elles sont parfaites
Pour pointer du doigt les détails de la vie