Je ne sais pas pourquoi j’aime tant les nuages
Ils ne ressemblent à rien
Ainsi ils peuvent être tout et n’importe quoi.
Navires dans la mer d’un ciel calme
Lampadaires tous doux posés sur ma tête
On m’a toujours dit que j’avais la tête dans les nuages,
C’est sans doute pour ça que j’aime les observer.
Immobiles, silencieux, ils sont si paisibles.
Des barbes de père noël
Des barbes à papa du ciel
Des barques dans mon imagination
Pièces de puzzle qui s’emboîtent
Ventres vides gonflés de silence
Robes de mariées lentement s’approchent de l’autel de l’espace.
Ils ont tellement de place pour jouer à un deux trois soleil
Restent sans bouger, patients et libres.
Sans Frontière, sans règle, ils se déploient.
Je les aime ces couvertures du ciel
Ce sont mes lits imaginaires
Ils me racontent de belles histoires
Uniques à chaque fois que j’ouvre la porte de l’air.
Des wagons de paix dans lesquels je voudrais monter, sauter, danser.
Les nuages sont fiers de ce qu’ils sont,
N’ont pas peur de notre regard face à leurs différences,
Du plus petit au plus gros, du plus beau au plus moche,
Ils se prélassent nus sur la plage ensoleillée de l’espace.
Ils sont si faciles à dessiner, ils font des vagues sur le papier.
Des bouteilles jetées au ciel, des messages codés.
Ils sont les chefs d’œuvre de l’univers
Dessins empilés, collés dans le vide.
J’aimerais que le vent les fasse tomber
Pour les serrer dans mes bras
Pour les coller sur un cahier
Créer ainsi une bande dessinée.
Le ciel est tous les jours fils de saint Exupéry
Je suis le petit prince
Oui c’est comme si je lui disais quand je lève les yeux :
Dessine- moi quelque chose.
Le ciel lui un jour m’a dit
Nous allons plutôt jouer ensemble au Pictionnary
A toi de deviner ce qu’il y a au bout de mes crayons.
Je les ai aimés car ils m’ont fait me poser des questions :
Comment tenir en suspens, dans le vide, comment marcher sans jambes, comment voir sans
yeux où l’on va, comment ne pas brûler sous le soleil ?
Toutes ces questions ont fait d’eux des êtres vivants dans mon monde.
Ils sont ainsi devenus des amis éphémères, de passage, sages comme moi.
Je les ai aimés car j’ai cru qu’eux aussi avaient peur d’exister et que le ciel les grondait et les
faisait pleurer car ils prenaient trop de place dans l’espace.
J’aurais aimé dans l’avion ouvrir le hublot pour les attraper et les cacher dans ma valise.
J’aurais aimé sortir jouer avec eux à cloche-pied.
J’avais peur qu’on leur fasse mal en les transperçant.
Ils sont si silencieux dans leur sommeil
Ils rêvent tout le temps
Des enfants innocents, un royaume posé là, dans la paix, le silence, où la différence n’a pas
d’importance. Tout le monde se respecte à la récréation du ciel. Toutes les formes, les genres
se mélangent dans une atmosphère flottante de bonheur.
Chut, écoutons ce qu’ils ont à nous apprendre : le pouvoir du rêve et la magie de l’imagination.