Ta bouche ravale le monde
Tes yeux le lessivent à l’éther
Coule toi dedans
Évite les marches et les falaises abruptes
Regagne une rive calme
Clame que tu meurs doucement dans une violence muette
Arrache les dents de ceux qui jamais ne t’entendent
Regarde par l’interstice d’une porte sur la mer
L’océan réclame ton corps comme ton cœur le proclame
L’immense attend tes pas et les creux de ta peau
Jette des pierres pour déblayer ton chemin
Organise les dans leur plus bel écrin
Observe leurs imperfections retiens leur délicat leur précieux leur contraste
Ne rentre plus dans un bocal dans l’image fixe qu’on te colle à la gueule
Depuis que tes lèvres ont suspendu le jour premier
Ton souffle est bloqué dans un cri retenu
Ne détiens plus tes gestes et tes colères derrière une cage de fer rougie à blanc
Laisse échapper les verts les collines et l’oiseau
Il a la souple couleur de l’air et le vent des migrations lointaines
Recueille tout ce qui brille
Même le plus terne est joyau dans le palais des choix
Tes ventricules s’ébattent et toi te carapates
Reprends l’horizon entre tes pupilles puits et le fond de ton sexe
Les lacs sont encore noirs mais bientôt il pleuvra et tu t’élanceras