Dors, dors, ton corps d’or
Parmi la tourbe et la poussière.
Tu passeras la lisière
Comme l’enfant dans les bras de la mère,
Tu ne connaîtras plus de frontière
Entre l’ici et l’ailleurs.
Tu laisseras ici-bas
Ton corps jadis si lourd et si fort,
Tu t’en iras,
Aussi léger que la lumière.
Surtout ne regarde pas en arrière
Et que mes larmes ne te lient l’âme,
Tu délieras un à un tous les liens
Tu n’en laisseras aucun.
Caché dans les recoins du cœur
Un simple brin te retiendrait sur la berge,
Celle où je me tiens, debout, face au chemin.
Toi tu traverseras et rejoindras la claire lumière.
Celle qui effraie, celle qui éblouit.
Rejoins-la, je t’en prie,
Comme une goutte de pluie
S’offre à l’océan – sois l’océan.
Va maintenant. Il est temps.