On dit qu’après la pluie reviendra le beau temps. On dit qu’après la nuit naîtra le jour suivant. « En retard, en retard, en retard, je suis en retard ». Avec leurs fines pattes, elles jouent aux funambules. On peut les voir tisser leur fil sur les pendules. Lorsqu’elles sont saltimbanques, elles courent sans cesse. Alors, le temps nous manque, on est pris de vitesse. On dit qu’elles aiment jongler tels des bateleurs, faisant d’une minute une longue heure sans fin, d’un bonheur fugace une bonne heure qui passe, qu’ardeur déterminée ne saurait faire durer. « En retard, en retard, en retard, je suis en retard ». Il trotte pourtant, le petit lapin blanc, vers le pays des rêves où ni jour ne se lève où ni nuit ne s’achève. Elle se presse aussi dans l’immense escalier où les marches du temps pourraient la rattraper. Le petit monde court, court, court après cet être fantomatique, invisible et cynique, insensible et cyclique. Il se fiche bien du rendez-vous de l’un avec une dame de cœur et n’a que faire d’une fée qui joue avec les heures. On dit qu’il fait son
œuvre. Est-ce vraiment un artiste ? Il peint pour les enfants des choses qui durent toujours. Un soleil éternel dans un coin du tableau, avec un arc-en-ciel, il est encore plus beau. Puis, il ajoute par touches des ombres au pinceau et quelques montres molles, pour s’enfuir aussitôt.
C’est une course sans fin, combat perdu d’avance, même si le remonter certains parfois y pensent. D’autres aimeraient l’avancer, sans le moindre succès car c’est bien lui le maître comme chacun le sait. « En retard, en retard, en retard, je suis en retard. J’ai rendez-vous quelque-part. Je n’ai pas le temps de dire au revoir. »

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