A l’air libre

Automatisme. Inspirer. Expirer. L’air. Il était là avant nous. Il sera encore là quand nous serons morts. Premier acte de toute vie : prendre l’air. L’air nous entoure, nous pénètre, passe partout. Il se faufile dans le moindre insterstice de nos espaces, de nos corps, de nos existences. On en manque parfois. On en change souvent. C’est plus fort que nous. On en veut toujours. Oxygène. L’air nous enchante. L’être aimé et les fleurs y déposent leur parfum. Léger, caressant, doux. L’air. Il se remplit d’été, des odeurs de soleil, des senteurs iodées et des effluves sèches des graminées s’égrénant sous les doigts. Mais, l’air a ses relents. Poubelles, décharges à ciel ouvert, pollutions des usines et des vies abîmées. Odeurs de guerre. Air rempli des émanations de gaz, de cendres et de cadavres des combats. On s’essouffle. On étouffe. On suffoque. On l’abandonne au milieu des désastres que l’on a provoqués. L’air des ruelles, des impasses, des tunnels, des couloirs de métros chargés de miasmes. Transport en commun des microbes, des virus interplanétaires. L’air a ses hivers et ses courants froids, glacés, qui coupent le souffle. Oxygène. Monter, grimper, partir pour aller au grand air, prendre l’air du large ou des plus hauts sommets. Voler. Gonfler des milliards de ballons, les donner aux enfants pour que leurs rêves prennent vie. Enfin, choisir son oiseau, le plus grand, le plus beau ou bien le plus volage. Le suivre des yeux, et avec lui, goûter à l’air libre, respirer jusqu’à notre dernier souffle.

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