Stupeur

Je me suis accrochée à mon corps mais tout mon être intérieur s’est envolé.
Je me suis vue me soulever vers le néant.
La stupeur, tu sais, c’est un coup de poing invisible qui transperce tes tripes.
La stupeur c’est le bonheur qui s’en va, d’un coup, vois-tu, qui brouille tous tes sens comme un jeu de piste sans fin.
Je n’ai même pas eu le temps de respirer, de m’habituer que je n’étais déjà plus là.
J’ai basculé dans ce froid irréel d’une douleur imprévisible.
J’étais dans une vie, puis en une fraction de seconde, la stupeur m’a tout fait perdre.
Le goût de moi, le goût des secondes d’insouciance, la saveur de mes croyances, le repos de mes certitudes et la beauté de ma confiance.
Elle a crié à l’impuissance, à la désolation.
Sais-tu que je suis morte de mes espoirs, de mon bonheur?
Une fraction de seconde pour que le rose devienne noir.
La stupeur, c’est l’accident de ton présent alors que ce n’est plus toi qui conduis ta vie.
Oui, je suis sortie de mon corps, de mon âme, de mon présent pour une destination interrompue de connaissances, de contenances.
J’ai volé dans les ténèbres de l’autre.
L’autre m’a happée, m’a dévorée. Il était l’agneau, il est devenu le loup. D’un seul coup la stupeur a changé le conte de ma vie.

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