Le goût de rien

Prendre la moitié de quelque chose, réserver.
Verser dans la cocotte un tiers de n’importe quoi, ébouillanter, laisser frémir. Puis, saisissez ce que vous voudrez, à feu vif.
Dans le mixer verser quand même un soupir, une larme et un zeste de néant, pas plus.
Veillez à recueillir le fumet de ce qui cuit, et écumez avec une passoire, je sait que ce n’est pas facile mais vous devriez y arriver avec une boite à odeurs ou un sac en plastic. Apres avoir baissé les feux, saisissez vous enfin de tout un tas de truc, pour les ajouter à cette chose qui patiente depuis déjà un moment, calmement certes mais qui attends et se fane. Alors tout un tas de trucs, entendons nous bien, ca n’est pas n’importe quoi, enfin faites attention à la cuisson quand même, blanchir n’est pas bouillir.
Donc rajouter trois cuillérée à soupe de vide, deux pincées d’absence, et un peu de sueur
de la veille, ce qui est bon est toujours un petit peu dégoutant.


Maintenant concentrez vous, éteignez tous les feux, vous pouvez rajouter le fumet au dessus de la cocotte ou vous aurez disposé le contenu du mixer et la chose assaisonnée apprêtée, qui attends de vous être présentée.
C’est le moment de goûter, le meilleur moment.
Vous me direz : « oui, le gout des larmes et de la sueur la belle affaire », ou bien « circulez il n’y a rien a voir ». Finalement je ne sais pas je n’ai pas d’avis là dessus, c’est une cuisine maigre sans matière et sans matière grasse, mais le goût devrait y être.

Le goût du rien.

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