À force de renier ce qui constitue le bonheur quotidien des hommes, à cette sur-agitation que j’entretiens face à l’angoisse, à la peur de rester seul, je me sens pousser le pelage du loup des steppes. Mon regard devient aiguisé sur ceux qui m’entourent. Je décortique leurs actes. Je les classe de un à dix. Mon classement débouche sur une immense déception de la société et de moi-même.

Je pense à m’extraire de cette fange pour me purifier, trouver un autre bonheur dans l’immersion de la nature ou pour ne pas risquer d’être trop seul, de virer à la misanthropie, tenter la vie monastique centrée sur l’essentiel, sur l’essence. Je ne suis pas prêt à vivre en ermite, j’ai besoin je crois d’être entouré sans excès.

Je songe à l’incarcération, à la douleur d’être seul, incorporé à une société de refusés. Souffrir d’être avec des êtres qui vous ressemblent, souffrir comme eux. Attendre avec impatience de retrouver ceux qui ne vous ressemblent pas aujourd’hui pour faire quoi?

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