Le matin, empêcher le lit de grincer, glisser pour s’asseoir, les chaussons comme
tombés, apparus sous les pieds, l’interrupteur des toilettes. Ses yeux sont-ils ouverts ? Cuisine,
porte fermée, il n’entend pas sa respiration, compte jusqu’à dix avant de faire couler le café,
enfin, le balcon, si elle se réveille ce ne sera pas lui, il regarde les toits et il attend que la petite
marque huit.
Peut-être la couette était-elle trop légère, dans sa gorge un grain gratte. Il déglutit,
s’étouffe au café brûlant mais le grain est coriace, il veut que la toux parte des poumons,
résonne jusqu’à dans la chambre où elle dort. Se rendre malade pour ne pas mettre l’autre en
colère, son café est amer, déjà il veut rentrer mais sa montre l’interdit, la tasse lui glisse des
mains, ce n’était pas exprès et dans la chambre on grogne.
Des heures passées à attendre l’heure depuis des années et tout ce qu’il aurait pu faire
s’il ne devait pas répéter – chaussons, interrupteur, machine, balcon – s’il pouvait improviser :
chérie, le soleil est déjà levé, tu sais qu’il n’attend pas. Pars sans moi, dit-elle toujours, fâchée.
Non, je t’attends – mais tu n’as qu’à plus m’attendre. À son retour il trouverait le lit vide, il
reste pour ne pas manquer la familière arrivée des nuages.