- d’abord, il n’y a pas
de calcul à faire
il faut laisser advenir - on peut cependant
apprendre à retourner les braises
aiguiser son tison - on peut suivre le feu
à la trace, y compris
sous la mer :
la socialisation des petites filles
favorise
à la moindre flammèche
l’arrivée des pompiers - (soyez pompière
pyromane) - les circonstances propices
à l’embrasement
sont les suivantes :
un journal sur la table
une chenille écrasée
un vase rempli d’eau
qu’on a posé dans la cour
par temps mauvais
les larmes de votre sœur
un dîner de famille
une énième valise sur le dos
d’un âne bâté
un craquement d’allumette
une parole d’acier
un silence de plomb, d’étain,
ou déplacé - et le plus difficile :
quand la soupe déborde, il faut
réprimer le réflexe
de la bonne ménagère
il faut laisser la main devenir
indocile ; il faut
se laisser faire
il n’y a plus de feu doux, plus de main
invisible
pour réguler l’ambiance
d’un foyer
délétère
il faut risquer sa peau, et sa place
sa réputation de bonne
cuisinière
il faut faire déborder, et même
en rajouter, même cracher dans la soupe
cracher tout son venin, se vider,
se vautrer
et il faut accueillir,
sereine, les conséquences :
ce soir la soupe, la soupe
sera mauvaise