Humus

L’humus sent si bon,
D’où lui vient ce parfum délicat ?
Des vieux troncs désagrégés, des insectes putrides, des excréments et des
cadavres d’animaux, des fougères et des écorces moisies ?
Par quel mystère décompose-t-on la pourriture en fragrances subtiles,
inimitables ? Par quelle magie extrait-on de la déliquescence du végétal et de ses
exsudats, l’essence et l’intensité du parfum incroyablement doux et vivant de
l’humus ?

J’aimerais grimer ma peau
De ce mélange spongieux et tourbé
Pour qu’il me nourrisse des pieds jusqu’à la tête
Faire corps avec la force de la terra preta


J’aimerais recouvrir ton âme
De cette alchimie olfactive
Pour qu’elle devienne litière fertile
Des sentiments qui s’ensauvagent, s’enracinent et prennent vie


J’aimerais imprégner nos êtres
De cette quintescence des sous-bois
Pour qu’ils s’accordent dans la viscosité de la résine
Où chaque respiration est régénérescence


Pénètre dans cet antre en putréfaction
Où coulent en notes de tête
Toutes les saisons des forêts
Neige, vent, soleil, papillon, lichen et chant de l’effraie


Enfonce-toi dans ce temple grouillant de vie
Où coulent en notes de cœur
Toutes les gouttes de pluie suspendues à chaque branche
Comme les larmes de joie d’une mère


Réfugie-toi dans cette cathédrale qui force le silence recueilli
Où coulent en notes de fond
Solennelle, toute l’énergie de la terre
Cœur et liber, sève et sang

Humus

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