il y a 
dans la nuque des gens 
cet endroit précis 
où le monde se noie 
où le cou  
rejoint le bord du crâne 
où les cheveux 
prennent jour dans le noir 
en lettre minuscule 
entre l’axis et l’atlas 
c’est un désert de peau 
fouetté par les vents chauds 
qui débordent l’horizon 
quand le regard se pose 
sur la mer et le ciel 
c’est le lieu 
des naissances tendres 
et des incandescences 
là où ma paume se colle 
là où ma main se perd 
là où mes doigts s’enfoncent 
dans le poil des bêtes 
que je rejoins 
dans des prairies sauvages 
à la lisière des steppes 
dans la course du sang 
dans des mèches relevées 
dans des cheveux coupés 
dans une masse retombée 
enveloppant tout mon corps 
comme une brume de mai 

je me demande 
où se trouve la beauté 
si elle n’est pas ici 
comme un commencement 

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