Émanation d’une absence

Il marchait au loin
J’entends résonner encore
Ses pas ancrés au sol.

Je le devinais seulement
Mais je sentais
Sa présence affirmée
Et son éther qui l’entourait.

Le temps en une fraction
Venait de s’arrêter.

Je me tenais debout
Face à lui,
Mon parapluie à la main
La pluie menaçait.

Au fur et à mesure
Qu’il avançait,
Les nuages disparaissaient
Laissant apparaitre un rayon de soleil
Nous enveloppant tous deux
Dans un même chemin.

Avant même un mot échangé,
Nos regards se sont croisés.
Amour professé,
Destins liés.

Nous avons marché
Cote à cote
Sans nous toucher
Sa veste flottait dans le vent
Son parfum capiteux dans l’air
Qui se déposait insidieusement
Dans mes cheveux dissipés.

Puis, dans ce bistrot sans âge
Qui a accueilli nos premières paroles,
Nous avons bu un café.
Il disait, j’écoutais
Je disais, il écoutait.

Les pas, les mots des autres
Disparaissaient.
Seuls nos auras brillaient.

Nos yeux se fixaient,
Couleurs bleu mer dans le vert lumière.
Il pouvait lire la clarté de mon âme
J’ai fissuré l’obscurité de la sienne.
Nous n’étions plus de ce monde
D’ailleurs l’avions-nous déjà été ?

C’est quand il m’a dit
« Veux-tu un autre café ? »
Et que j’ai répondu
« Un chocolat peut être »
Que nous sommes revenus à la réalité.

Des heures s’étaient écoulées,
Dehors la nuit qui tombait,
Nos vies qui basculaient
A la croisée des chemins.

Nous nous étions reconnus
Sans vraiment nous connaitre.

Depuis,
L’effluve de l’absence
Ne cesse de bruler
Sans jamais disparaître.

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