Te souviens-tu des mots partagés
Nous mettions en vers nos maux et espoirs
Dans des bulles électroniques
Jetées dans les courants des réseaux
Une mer où les noyés osent lever les voiles
Une mer d’écume
Ses bouteilles de larmes salées
Te souviens-tu, tu avais partagé une note
J’ai cru qu’elle m’était adressée naïf que je suis
Une note musicale au rythme des feuilles pourpres
S’envolant vers un sol terracotta
J’avais rougi de ma maladresse
Décomposé je ne savais quels mots écrire
Cascade de dés inconscients
Te souviens-tu de nos premiers dialogues
Les mois d’autonome étaient passés
Nos feuilles s’envolaient sur la toile
J’écrivais mes émois après avoir lu tes vers
Mis en vers pour danser avec
Ils avaient le parfum du vin chaud
L’hiver et ses promesses
Te souviens tu de nos bulles printanières
On s’écrivait sur ces réseaux
Cachés des autres
Rien que nos mots à nous
Ils germaient dans nos jardins
On attendait les fleurs de l’autre
Un bouquet d’impatience
Une fleuraison sous l’ombre d’un passé
Chez moi des embruns enivrants
L’été était arrivé avec ce jour
Le jour de te susurrer mon désir
Quitter la mer et rejoindre la terre
Voyager jusqu’à ton jardin
Te souviens-tu Un amour décalé