3h32
6h32
j’oublie le reste des heures
simplement la fatigue qui grince
pas l’ennui non
simplement
la lassitude de traîner mon corps
hors de mon lit
hors de ma chambre
hors de mon appartement
croiser les visages qui se conjuguent aux lieux avec insouciance
Quelle est la frontière séparant
insouciance indifférence
l’état de fatigue peut-être
des instants qui s’étirent en permanence
le violet
toujours plus long
en dessous de mes yeux
jusqu’à mon menton
Voilà
je deviens une figure violacée
et la tâche s’étale
dans les plis les revers les interstices prédisposés à l’envahissement
Parfois je dors
je rêve
et je crois que c’est ma vie qui s’achève
Parfois je vis
je dors
et je rêve de ma vie qui s’achève
je retourne à mes premiers plafonds
les points bruns laissés par les insectes morts
plafonds pourris
témoins des débâcles
de la décomposition
plafonds défaitistes
fixés dans les heures vides
quand le sommeil ne vient pas
ils connaissent mon regard ouvert sur l’obscurité
connaissent les histoires insignifiantes
soufflées à l’oreiller
tourné
retourné
balancé
les plaies sur mes jambes grattées à sang
les croûtes oubliées dans les draps
sous les ongles
sous les dents
imbibées de vodka et de fumée
Ils connaissent tout ce que j’échoue
tous ceux que j’échoue
conservent intact le dégoût
quand je suce le sang sous peau
Si je m’aspire complètement
si j’absorbe les liquides
les rudiments
restera-t-elle