Capture

je caresse le travail des hommes
je caresse la surface magnifiée

il y a des rainures et des nœuds
une forêt de troncs polis

les chênes sont beaux et blancs
on a gratté leur écorce

on dirait une foule de femmes debout
dénudées à la fin de l’été

leurs nervures sont les traces du soleil
en négatif sur leur peau

ainsi pelées elles semblent faites
pour mes mains qui les épousent

je pose ma joue sur leur tronc et j’attends
le souffle d’un enfant

je pose mon oreille sur leur tronc et j’attends
le tapage des bois qui ne vient pas

ici tout animal est statue
tout mouvement est capture

et je pense et j’enlève
un à un mes vêtements et mes pensées

Laisser un commentaire