Un peu fripée, la peau fine de ma main droite se détache des tendons et des muscles comme si elle avait continuellement soif. La petite cicatrice à la base du pouce me rappelle le vase noir cassé dans l’évier. Ça fait comme un V un peu plus clair. Comme un cœur inversé.

Mon majeur droit garde le creux de la première phalange depuis l’élémentaire, où se sont logés porte-plume, crayons de couleurs, bic, et où aujourd’hui encore mon stylo plume se cale.

Mon rire, je ne pense pas qu’il ait changé, quelquefois il part dans de grands éclats, quelquefois dans de petites vibrations répétées juchées dans les aigus.

Honnêtement… si j’y réfléchis… il s’est peut-être teinté d’une ombre mélancolique quand il retombe.

Mon ventre s’est arrondi quatre fois, la peau craquelait avec bonheur. Le bourrelet qui insiste , disgracieux, est le témoin d’émotions envahissantes qui se logent là. Lorsque je mange pour les faire taire.

Je ne dirai rien d’autre sur mon ventre. On ne se comprend pas bien.

Mes yeux étaient noirs. On me le disait. Si je les regarde de très près, ils sont plutôt marron gris sur le pourtour de l’iris, une zone comme décolorée. Changent-ils de couleur en vieillissant, comme les cheveux ?

Mes cheveux toujours libres font des vagues ou des boucles, ils font comme ils veulent et ça me va.

Ça me va qu’ils ondulent.

Ça me va qu’ils s’emmêlent.

Les fils blancs, aussi, ça me va.

Mes doigts cherchent la mèche, comme ils l’ont toujours fait, et l’enroulent, la déroulent, la lissent, et l’entremêlent, font des nœuds qu’ils caressent et passent sous l’ongle du pouce. Recommençant sans fin depuis l’enfance.

Je ne saurais dire si ça me calme, si ça me rassemble, si ça m’évade ou si ça me pleure.

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