Revue Miroir

La vaisselle

La pile de vaisselle me regarde avec insistance
Et son ombre plane sur mon corps fatigué.
Mes os répondent à l’appel de cette danse mécanique,
Mes mains s’exécutent pensivement.
L’éponge absorbe un à un les maux de la journée
Et un flot continu de mots se déverse dans le liquide savonneux.
Combien sommes-nous à cette heure du soir ?
A frotter le petit venin des langues râpeuses.
Je glisse entre ces dents acérées
Comme l’anguille traverse les mailles du filet.
Laisse couler le bruit du monde dans ce ruisseau
Accroche-toi au silence des oiseaux.
Dans les gestes répétitifs, naissent parfois
Des lueurs de révolte, comme un bruit sourd
Qui grandit à mesure que la nuit avance.
Courage.
Nous sommes tous des oiseaux de passage.

  1. Samuel Necir

    excellent je trouve, votre poème, merci !

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