l’espace avant qu’il se colore de ma voix
qu’il se charge de ces choses
qu’à force de ne pouvoir dissoudre
j’essaime par les fenêtres

l’espace avant que ma buée ne le réchauffe
ma vapeur intérieure
sa surface au repos
une enfilade de volets fermés

celui qui entre par mes poumons
et qui lorsque je respire reste toujours tranquille
c’est lorsque je lui parle que je l’agite
lorsque je lui transmets mes idées

je ne sais pas l’inviter à rester
je n’ai peut-être pas assez respiré
savez-vous respirer ?
laisser le calme dissoudre vos idées

___________ le sucre qui fuit devant l’absinthe
___________ celui-là, il faut le garder

je garderai après
une fois que je saurai respirer
tout ce qui a précipité
tous les cristaux
toutes les fumées
tout ce qui m’aura été renvoyé
tous les reflets
toutes les transparences
tout ce qui tiendra cousu dans mes ourlets
tout le coton qui remplacera le plomb
toutes les voix transformées par le rire
toutes les voix, tous les rires
toutes les expirations stables et encadrées

tous les cadres, dorés, brûlés et enchâssés
___________ les cadres sans toiles, les cadres toujours penchés
___________ les cadres sans paysages et sans portraits
___________ sans scènes et sans histoires
___________ la poussière de tous les cadres, précipitée

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