Libres

Je pense souvent : le temps –
cette invention stupide
ronge tout,
soi et
les autres avec

Et ?

Je pense souvent : il s’en fout
le temps
il file
il s’en fout
des traces
des êtres
des hiatus
de ses affres

Et alors ?

J’en viens alors à penser : les signes,
les mots scandalisés
c’est çà
qu’ils lui jettent
en pleine figure
sur les pages
leur pouvoir :
l’arrêter
le stopper
le ligoter sans démesure

Et alors ?

Je pense encore : il faut écrire
tout
absolument
tout
pour figer le soi
disant
le soi dit
en passant

Et alors ?

J’en viens même jusqu’à penser : c’est la seule façon
de se battre – les mots
ils finiront bien
par réduire
éphémère et éternité
à néant
ils finiront bien par le tuer

Et alors?

Resteront les grains de sable éparpillés
Libres

Et alors ?

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